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L’autoconsommation : oui mais comment ?

Publié le 05 avril 2022

Pour un bâtiment d’habitation ou tertiaire, l’autoconsommation consiste à consommer la totalité ou juste une partie de l’électricité produite sur place, la plupart du temps avec une installation photovoltaïque. Fortement encouragé par le gouvernement, ce mode de fonctionnement est de plus en plus plébiscité dans l’Hexagone.

Le nombre d’installations photovoltaïques ne cesse d’augmenter en France, cela de manière « exceptionnelle », comme le rapporte le gestionnaire du réseau de distribution Enedis. Fin 2021, la France comptait un peu plus de 133 000 raccordements, contre à peine 3 000 en 2015. Le marché français est estimé à 20 000 installations par an en 2020 et devrait tendre vers 60 000 installations/an d’ici à 2030.

Cet intérêt des Français pour le solaire et l’autoconsommation est favorisé à la fois par un tarif de l’électricité qui devrait continuer d’augmenter significativement ces prochaines années et par un coût de revient des panneaux photovoltaïques en constante diminution.

Du côté d’EDF, la baisse du prix d’achat de la production d’électricité photovoltaïque tend à favoriser le phénomène d’autoconsommation, la revente à l’énergéticien étant désormais beaucoup moins intéressante qu’avant.

Modes d’autoconsommation

Vente de la totalité de l’énergie produite

Le bâtiment est équipé d’une installation photovoltaïque (ou autre énergie renouvelable) qui est raccordée au réseau public de distribution (RPD). L’électricité produite est injectée en totalité sur le réseau et vendue.

Vente en surplus

Le bâtiment est équipé d’une installation de production raccordée au RPD. L’énergie produite est pour partie consommée sur place et pour partie injectée sur le réseau.

Autoconsommation totale

Le bâtiment est équipé d’une installation de production raccordée au réseau, mais sans compteur de production. La majorité de l’énergie produite est consommée sur place. Le surplus éventuel est injecté gratuitement sur le réseau.

Pour l’autoconsommation totale, le producteur n’a plus à faire de demande de raccordement. C’est l’installateur mandaté par son client qui effectue une demande de convention d’autoconsommation (CAC) via un portail web dédié sur lequel il est possible de déposer et de suivre la demande de raccordement.

Installation autonome

L’installation n’est pas raccordée au réseau. Toute la production est consommée sur place, en étant le cas échéant stockée temporairement.

Quelles sont les aides pour les installations en auto consommation et la revente de surplus ?

Un client qui achète un générateur photovoltaïque en autoconsommation, consomme sa production et vend l’excédent à EDF OA si sa production est supérieure à sa consommation. L’Arrêté du 6 octobre 2021* prévoit une prime à l’investissement et l’achat du surplus pour les générateurs en autoconsommation.

Cette prime est dégressive tous les trimestres en fonction des volumes de demandes de raccordement et elle est versée sur 5 années au producteur.

Elle est fixée à :

  • 0.39 €/Wc pour une installation < ou égale à 3 kWc
  • 0.29 €/Wc pour une installation entre 3 et 9 kWc
  • 0.19 €/Wc pour une installation entre 9 et 36 kWc
  • 0.09 €/Wc pour une installation entre 36 et 100 kWc

L’électricité qui ne serait pas consommée instantanément sera vendue à EDF qui a l’obligation d’achat à hauteur de 10 cts €/kWh pour les installations inférieures ou égales à 9 kWc et 6 cts€/kWh pour les installations jusqu’à 100 kWc.

Par exemple :

  • Pour un générateur de 100 kWc « l’auto-consommateur » reçoit 1 800 €/an sur 5 ans, soit 9 000 € et il vend son surplus à 6 centimes d’euros/kWh.
  • Pour un générateur de 3 kWc « l’auto-consommateur » reçoit 234 €/an sur 5 ans, soit 1 170 € et il vend son surplus à 10 centimes d’euros/kWh.

Pour les locaux déjà raccordés ou ceux à raccorder, deux types de branchement sont possibles :

Branchement de type 1

Effectué par les équipes du gestionnaire du réseau public de distribution comme Enedis, ce raccordement consiste à créer une dérivation pour alimenter l’habitation. Cette dérivation est constituée :

  • du coffret de branchement, dans lequel on retrouve le CCPI (Coupe Circuit Principal Individuel) avec les fusibles utilisés pour la protection de la ligne ainsi que le sectionnement ;
  • du compteur électrotechnique ;
  • de l’AGCP (Appareil Général de Commande et de Protection), communément appelé disjoncteur de branchement ;
  • des câbles électriques reliant le coffret Enedis à l’habitation.

Le raccordement de type 1 s’impose lorsque la longueur du câble entre le CCPI et le compteur électronique est inférieure à 30 m.

© L’Officiel de l’électricité – Installations électriques des bâtiments d’habitation neufs - Promotelec

Branchement de type 2

Ce raccordement est à appliquer quand la longueur du câble dépasse les 30 m. Cette configuration prévoit l’ajout, en plus du coffret de branchement, d’un nouveau coffret qui comprend le disjoncteur et le compteur.
Ici, le point de livraison se situe au niveau de ce deuxième coffret, contrairement au branchement de type 1 où le point de livraison se trouve à côté du disjoncteur de branchement.

© L’Officiel de l’électricité – Installations électriques des bâtiments d’habitation neufs - Promotelec

Quelle règlementation ?

En France, l’installation d’équipements photovoltaïques doit se faire en conformité avec les exigences de :

  • la NF C 15-100 ;
  • du guide UTE C 15-712-1 lorsque l’installation PV est sans dispositif de stockage et raccordée au RPD ;
  • du guide UTE C 15-712-2 lorsque l’installation PV est autonome non raccordée au RPD et avec dispositif de stockage par batterie ;
  • de la norme expérimentale XP C 15-712-3 lorsque l’installation PV est avec dispositif de stockage et raccordée au RPD.

Enfin, une attestation de conformité visée par le Consuel est obligatoire pour toute installation de production présentant une puissance inférieure à 250 kVA raccordée au RPD (décret n°2010-301 du 22 mars 2010).

Le métier d’installateur en photovoltaïque ne s’improvise pas !

L’installation de panneaux photovoltaïques doit être réalisée par un professionnel formé, qualifié et assuré (responsabilité civile et décennale) pour ce type de travaux. Avant de choisir un professionnel, il est nécessaire de s’assurer que l’artisan possède bien les qualifications nécessaires pour le procédé photovoltaïque choisi et qu’il est bien assuré pour l’intervention à effectuer.

Qualibat, Qualifelec ou encore Qualit’Enr font partie des organismes habilités pour délivrer les qualifications pour ce type de travaux.

>> Pour plus d’informations concernant l’installation photovoltaïque, rendez-vous sur www.parlonspv.com

>> Pour (ré)écouter notre émission spéciale « Le confort dans l’habitat par Promotelec » consacrée à l’autoconsommation, cliquez ici

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